A
l’occasion du dixième anniversaire du naufrage du bateau « Le
Joola », le premier ministre, Abdoul Mbaye a dirigé la cérémonie en
présence de quelques uns de ses ministres et des familles des victimes.
Tristesse,
émotion et mauvais souvenirs ont plané hier soir à la place du souvenir. La
nation sénégalaise a commémoré le dixième anniversaire du naufrage du bateau « Le
Joola », survenu le 26 septembre 2002 aux larges des côtes gambiennes. Sous
la présidence du premier ministre, Abdoul Mbaye, les familles des victimes présentes
n’ont pas pu retenir leurs larmes. La mer calme, se dégage un vent doux sur ces
cœurs qui pleurent toujours leurs disparus.
Le chef du gouvernement a tout simplement déposé une
gerbe de fleurs sur les lieux. Pas de discours. La cérémonie s’est déroulée ainsi
dans la sobriété et la tranquillité. Un moment plein d’émotion apprécié par les
familles des victimes. « C’est vrai, le premier ministre n’a pas voulu se
prononcer parce que c’est une cérémonie vraiment émouvante », dit Nassardine
Aïdara, président du collectif des familles des vicimes. « Ce n’est pas un
lieu pour dire un discours », renchérit-il. Selon ce dernier, le chef du
gouvernement a déjà ce qu’il fallait lorsqu’il les a reçus.
Ce geste va rester dans le cœur de ces familles qui
ont toujours du mal à oublier cette tragédie. « C’est la première fois
depuis 2002 que le gouvernement organise un tel acte. », semble se réjouir
le commissaire aux comptes de l’association des familles des victimes, Oumar
Diagne. « L’ancien régime a pensé qu’en donnant de l’argent aux familles
des victimes, les gens oublieraient sitôt cette tragédie. Mais peine perdue
parce qu’on ne peut pas oublier un tel événement tant qu’on ne connaît pas la
vérité et que la justice n’est pas passée par là. Difficile de parler de
pardon », lâche M. Aïdara. Ainsi douze bouquets de fleurs représentant les
nations victimes dans ce bateau y ont été déposés. L’un, a été porté par « Bébé
Joola », cette petite dont la maman est l’unique rescapée du drame. « Il
n’y a pas eu que des sénégalais dans cette catastrophe », précise M.
Diagne.
Aujourd’hui,
la seule chose que veut cette association des familles des victimes, c’est le
renflouement du bateau et que justice soit aussi rendue. Pour Nassardine,
« Partout où il y a un de vos proches qui décède, la famille fait tout
pour ramener le corps. Ceci est une dignité. Abandonner comme ça des corps au
fond de l’océan, ce n’est pas décent ni normal », dénonce t-il à la fin
d’une cérémonie organisée dans la sobriété.
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