La vente de la patate douce et de l’encens marchent
très forte à Bokhol, village situé à 11 kilomètres de Dagana. Cette zone se
nourrit presque que de ses produits agricoles.
Lorsque la production de l’oignon ou de la
tomate diminue, celle de la patate et même de l’encens jouent les premiers
rôles. La patate fait partie de ces produits agricoles qui envahissent le
marché hebdomadaire de Bokhol. Sa culture se fait en période hivernale comme en
saison sèche.
Ce lundi, au marché hebdo de Bokhol, marchands
et clients venus de partout envahissent les lieux. Sous un soleil assez
brillant, les commerçants s’affairent aux derniers réglages de l’étalage de
leurs produits. Quant à la clientèle, certains ont déjà commencé à s’acheter ce
dont ils ont besoin. D’autres rodent encore autour des expositions des
marchandises. Certes, pour trouver le meilleur produit qui leur convient.
A cet instant même, Ismaïla Gnigue, range
ses sacs de patates déjà payés. Cet homme, la cinquantaine atteinte, est un
habitué du marché. « C’est ici que je
paie toujours mes marchandises », avance t-il. Selon ce « bana-bana », qui
vient de Thiès, c’est là où on peut trouver divers produits agricoles à prix
intéressant. Ismaïla paye des multitudes de sacs de patates qu’il achemine vers
Thiès grâce à un camion. Cette locomotive est toujours à sa disposition, raison
pour laquelle il s’approvisionne toujours en grande quantité. « J’achète toujours une trentaine voire une
quarantaine de sacs de patate. Le sac coûte 7500f CFA et nous, nous le
revendons après entre 10 000 et 11 000f. En fait, ce prix dépend de
la période », précise t-il. Le gros problème que rencontrent ces « bana-bana
», est la longue distance. La plupart d’entre eux viennent de Dakar et Thiès.
Hormis ce cas, une énorme quantité de patate pourrit en cours de route surtout
en cette période où il fait très chaud. Avec les camions, ces commerçants
mettent beaucoup de temps pour arriver à destination. Ceux qui utilisent les
transports en commun, c’est ceux qui payent juste une dizaine de sacs de
patates.
Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que
la culture de la patate douce dans le Walo est pour la plupart une activité réservée
aux femmes. Elles n’hésitent pas à se rendre au marché pour évacuer leurs
produits. Seynabou Fall, productrice, depuis près de six ans explique comment
se passe le commerce de leurs denrées. « Si
toutefois après la récolte, la patate n’est pas encore épuisée on est obligé de
l’amener au marché avant qu’elle ne pourrisse », soutient la dame. Cet
exercice agricole est pour ces femmes le seul moyen de gagner un peu d’argent.
« C’est grâce à cette activité que nous
gagnons notre vie. D’ailleurs, nous cultivons ici tous les douze mois »,
dixit Seynabou. En saison hivernale, sont naturellement les eaux de pluie qui
arrosent leurs champs de patate. Et lors de la saison sèche, c’est le système
d’irrigation qui facilite les activités.
Même si avec cette culture leur gap
alimentaire et financier est moyennement réglé, ces productrices se désolent
des dures conditions de travail. « La
production de la patate douce est trop dure. Elle demande beaucoup de temps.
Parfois, nous n’avons même pas le temps d’entretenir notre foyer », explique
une d’elles trouvée devant son amas de patate. La bassine coûte 3500f. Et rare
sont les hommes qui se font remarquer dans ce dynamisme.
L’encens est aussi exploité à Bokhol. Il
est tiré d’une plante qui pousse dans les zones marécageuses. « Gowé »,
comme on l’appelle en Wolof, attire pas mal de clients, les femmes en
général. Parmi eux, on note ceux qui
achètent pour ensuite revendre et ceux qui se payent juste une quantité moyenne
pour s’en servir à la maison. Ce produit est beaucoup développé dans cette
zone. Son prix de vente revient à 500f le pot (1kg). Les clients viennent aussi
des mêmes horizons, Dakar, Thiès, Richard-Toll entre autres.
Le commerce de cette matière n’est pas de
nos jours aussi florissant selon beaucoup de producteurs. Pour Khalidou Bâ, « aujourd’hui vu la cherté de la vie, les gens
sont plus préoccupés par se trouver d’abord de la nourriture ». Les agents
des Eaux et forêts sont ces Hommes que n’aimeraient pas rencontrer en cours de
route ces grands commerçants. « Nous
rencontrons d’énormes difficultés lors de nos voyages. Les agents des Eaux et
forêts nous interpellent à chacun de leur check-point pour nous réclamer des
taxes, soit 15f le kilo », se désole Mamadou Bâ.
Aujourd’hui, ces commerçants qui
s’activent dans la vente de l’encens unis comme un seul homme lancent un cri de
cœur au gouvernement. « L’Etat doit
penser à nous. Il faut que les gens sachent que l’encens est un produit de
notre culture, c’est une richesse à préserver. Nous souhaitons que le
gouvernement nous soutiennent en ouvrant pourquoi pas une usine de
transformation de ce produit », martèle t-il Mamadou Bâ. Cette usine que
rêvent ces producteurs peut créer des emplois aux jeunes si jamais elle voit le
jour.
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