mercredi 22 février 2012

"La campagne électorale est une occasion d’enrichissement "


Cette période de campagne électorale est le moment choisi par certains jeunes pour gagner de l’argent. Beaucoup d’entre eux profitent de l'argent que distribuent les hommes politiques. En retour, ils gonflent les rangs des candidats lors des meetings et autres manifestations politiques. Elimane Babou est l’un d’entre eux.

Agé de 22 ans, Elimane Babou habite à Arafat, un quartier de Grand-Yoff. Il ne fréquente même pas l’école et n’exerce aucun métier.
Ce jeune était de la marche bleue du mouvement des élèves et étudiants libéraux (Meel) organisée pour le candidat Wade. « Ce n’est pas à cause du fric que je suis là », avait dit d’emblée le « petit » Babou. Il n’avait pas voté en 2007 mais il est décider à accomplir son devoir de citoyen le 26 février prochain.
« Le pays va mal, si ce n’était pas les 1500f Cfa qu’on ma promis je n’allais pas venir », a reconnu plus tard Elimane.
Selon lui, cet argent qu’on distribue à certains jeunes pour aller soutenir le président sortant, Abdoulaye Wade, c’est le bien du peuple. « Alors, pourquoi ne pas l’accepter ? », s’est interrogé M. Babou. « C’est un moyen pour moi de gagner quelques sous. La vie est devenue très chère et il est très très difficile de trouver du boulot », a-t-il insisté.
« J’ai juste accepté d’enfiler ce tee-shirt à l’effigie de Wade parce que cet argent distribué je crois bien que c’est celui des impôts que payent nos parents. Reste à voir si le jour J j’irais voter Wade », dixit Elimane Babou.
N'ayant pas d'activité professionnelle, le jeune Babou profite de cette campagne pour se remplir les poches. En tout cas, il va bénéficier d’une somme de 1500f Cfa pour avoir participé à la marche et scandé, avec les jeunes libéraux, les slogans: « Wade moko yoor, linu guis doy na niu » (Wade est le meilleur, ce qu’on a vu nous suffit).

vendredi 17 février 2012

Le joli camion de campagne du PDC

vitrine cassée du camion d'Amsatou

En cette période de la campagne présidentielle, tous les coups sont permis. Même les camions sans vitrine sont utilisés. C’est le cas d’un des camions d’Amsatou Sow Sidibé, la candidate de l’espoir. En effet, cette voiture a été attaquée par des nervis à en croire un de ses chauffeurs. Malgré ces dommages, ce camion est toujours exploité pour battre campagne. Rien n’est laissé au hasard pour cette compétition à la magistrature suprême.
A première vue, on dirait un camion de chargement de cailloux ou de sable. Si les moyens qui manquent à la candidate du rupture ou bien un signe pour attirer l’attention des Sénégalais.
En tout cas cette voiture fait partie des véhicules qui transportent les bagages du parti pour la démocratie et la citoyenneté (Pdc) lors des caravanes.

dimanche 5 février 2012

FOOT : CAN – 2012


Un week-end de foot
Les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations débutent aujourd’hui. D’agréables affiches sont servies aux férus du ballon rond. Les deux pays organisateurs, Guinée-Equatoriale et Gabon sont de la partie. Le ‘’Nzalang’’ (tonnerre en langue équato-guinéen) peut tonner sur des ‘’Eléphants’’ assez expérimentés. Et demain, les ‘’Panthères’’ iront à la chasse des ‘’Aigles’’.

Plus droit à l’erreur. Tout vaincu va plier bagages. L’affiche de ces quarts de finale s’annonce palpitante. Après quelques jours de repos et de préparation, huit équipes vont tenter de se qualifier pour les demi-finales. La Guinée-Equatoriale, l’un des pays organisateur, doit donner tout ce qu’elle a dans le ventre pour espérer sortir la Côte d’Ivoire. Les ‘’Eléphants’’ comptent dans leur rang un effectif très talentueux. Seulement, le match ne va pas se jouer sur papier mais plutôt sur le terrain. Le ‘’Nzalang nacional’’ qui évolue à domicile est capable de créer la grande surprise en éliminant Drogba et compagnie. Comme deuxième match du jour, les ‘’Chipolopolos’’ de la Zambie qui ont terminé premier de leur poule devant les équato-guinéens vont tout faire pour arracher la qualification aux ‘’Faucons du Nil’’, les Soudanais. Et cela peut se faire avec le ruse du ‘’Renard’’, le coach Zambien.
Demain dimanche, deuxième jour des quarts de finale, le Gabon, second hôte de la Can, va s’en découdre avec le Mali. La bande à Daniel Cousin se donnera à fond pour faire plaisir à ses supporters. Et surtout son président, Ali Bongo, grand amoureux du ballon rond. Son grand attaquant, Aubameyang, après une excellente prestation lors des matchs de poule est à surveiller comme du lait sur le feu. Cédric Kanté, capitaine des ‘’Aigles’’ du Mali, est averti. Quand ‘’Panthères’’ et ‘’Aigles’’ s’affrontent, un beau spectacle doit être attendu. Les hommes d’Alain Giresse aiment bien jouer avec les courtes passes. Le dernier match de cette phase mettra aux prises Ghanéens et Tunisiens. Les ‘’Aigles’’ de Carthage ont perdu un de leur ‘’capitaine des vestiaires’’, Chedli, exclu pour indiscipline. Ce qui ne les empêchera pas de batailler jusqu’à la dernière plume. Les ‘’Black Stars’’, de leur camp, on note le retour du capitaine John Mensah, exclu lors de leur premier match face au Botswana. Ce choc fermera le tableau de ces quarts pour ouvrir la porte aux demi-finales. Que le meilleur gagne !
JPLTS

vendredi 3 février 2012

Les étudiants toujours égaux à eux mêmes

Fait inédit hier, à la morgue Le Dantec. Les étudiants de l'université Cheikh Anta Diop (UCAD) qui ont aussi fait le déplacement pour accompagner leur collègue, leur «frère», étaient très remontés contre les hommes politiques du pays. Les uns habillés en rouge et noir et les autres avec un foulard rouge-noir noué soit au cou, soit à la main , les cartes d'étudiants en main, ces étudiants soutiennent que c'est à cause de ces hommes politiques que Mamadou Diop est décédé. Les locataires du campus universitaire ont faillit semer le boucan. N'eût été, les jeunes debout à côté des leaders de l'opposition, les choses risquaient de mal se passer. «Nous, nous sommes à l'université pour étudier et servir notre pays. Nous ne voulons voir personne ici, que ce soit les opposants ou les autorités étatiques. C'est une affaire estudiantine. Ils vont le payer», lâche un étudiant.

LEVEE DE CORPS DE MAMADOU DIOP

«Repose en paix, cher frère»

Hier, à la morgue de l'hôpital Aristide Le Dantec, famille du défunt, étudiants, leaders politiques ont rendu un dernier hommage à leur frère, leur collègue, leur fils, Mamadou Diop. Étudiant en Master au département de Lettres modernes de l'université Cheikh Anta Diop, M. Diop a rendu l'âme suite à un accident survenu mardi dernier lors de la manifestation «pacifique» du M23. Il a été écrasé par un «Dragon» (camion à eau chaude de la police).

L'émotion était grande. On pleurait cet homme qui vient de rendre l'âme. Les gens étaient venus nombreux assister à la levée de corps de Mamadou Diop. A côté de la porte d'entrée, des jeunes chantaient en chœur des louanges. «La ilaha ilalah, la ilaha ilalah», répétaient-ils. La foule venue apporter son soutien et réconforter la famille du défunt, avait l'air très triste. Le calme était roi ici. Difficile était-il de se retenir. Les membres de famille et quelques étudiants debout face à la porte de la morgue, ne purent s'empêcher de verser des larmes. Surtout ces jeunes filles regroupées en bloc à la gauche à la place réservée au public. Bakhao Thiam, étudiant à la faculté des lettres et sciences humaines (FLSH), lui aussi n'en pouvait plus. D'une voix tremblante, il soutient qu'il est dépassé par tout ce qui s'est passé hier (mardi). «C'est une grosse tristesse. Nous pleurons toujours la mort de Balla Gaye (étudiant tombé au front le 31 janvier 2001) et voilà qu'un autre étudiant perd la vie en ce 31 janvier, jour symbolique de la commémoration de la mort du frère Balla Gaye», soutient M. Thiam. Les «frères» étudiants de Mamadou Diop très affectés par sa mort tragique, jurent de ne jamais l'oublier. «Grâce à lui, nous avons été orientés. Au moment où la FLSH était sans amicale, il s'est donné corps et âme pour nous aider à s'incrire. Vraiment, merci. Il ne verra même pas ce que nous valons dans cette université», a reconnu Babacar Sylla, étudiant en duel II, département des lettres modernes. Beaucoup de leaders politiques de l'opposition étaient aussi présents. «Avant tout, je présente mes très respectueuses condoléances à la famille éplorée. C'est un sentiment de tristesse que je ressens. Ce jeune qui nous a quitté était un soutien de famille, une jeune fleur qui aime bien son pays. Que notre Dieu l'accueille dans son paradis», a dit Cheikh Tidiane Gadio. Le responsable du mouvement politique Louy jot jotna, n'a pas manqué de déplorer ce meurtre et invite la justice à organiser une enquête. «Nous exigeons une enquête indépendante. Comment peut-on nous parler d'un accident de circulation? Tanor a vécu les faits. Ces actes ignobles que commet Wade et son régime sont impardonnables», a t-il critiqué. Et Ousmane Tanor Dieng d'aborder dans le même sens. Pour le Secrétaire Général du parti socialiste (PS), «il faut tirer des enseignements et punir les fautifs. Vous voyez qu'aucune autorité étatique n'est venue. Nous sommes choqués. C'est une grande tristesse pour toute la nation sénégalaise», s'est désolé Tanor. Au nom du père du disparu, El Hadj Mama Diop, un des membres de la famille éplorée a remercié tout cette nombreuse foule qui a bien accepté de venir prier avec eux pour le repos de l'âme de leur fils. Désormais, Mamadou va se reposer tranquille au cimetière de Sindia. Avant le départ de la dépouille, Sérigne Mansour Sy Djamil a dirigé la prière finale.

MANIFESTATION DU M-23

Les cours suspendus dans plusieurs écoles


Nombreux sont les établissements hier, dans lesquels il n'y a pas eu cours. La raison est simple: craignant un débordement de la manifestation du M-23, les chefs d'établissements, surtout ceux du privé, ont tout bonnement demandé aux potaches de rester chez eux. Du lycée Maurice Delafosse aux cours privés Anne Marie Javouhey, le constat est le même.
La direction de certaines écoles qui craignait le pire à cause de la manifestation du M-23 prévue hier, a décidé tout simplement de dire aux élèves de rentrer à la maison. C'est le cas aux cours Anne Marie Javouhey. Ici, vers 15 heures, aucun élève ne ''traînait'' dans les classes ni dans la cour. Seul le personnel de la sécurité est présent. ''La directrice est allée en pause'', nous dit un vigile. ''C'est à cause de la manifestation de cet après-midi (hier) que la directrice et l'ensemble des professeurs ont ordonné aux élèves de regagner leur domicile. Mais demain, les cours vont bel et bien reprendre'', ajoute le gardien des lieux.
Ces mesures préventives laissent croire que les gens sont vraiment inquiets de tout ce qui se passe à travers le Sénégal. Au lycée mixte Maurice Delafosse, le décor est le même. Toutes les portes des salles de classes sont verrouillées. Personne n'est sur le lieu, excepté les trois agents de la sécurité qui priaient à côté. Au pavillon Commerce du lycée, le proviseur et son équipe ont jugé nécessaire d'interrompre les cours à 13 heures, à en croire un membre du personnel. Au complexe industriel, là aussi, il n'y a pas eu cours. Certains comme Mouhamadou Diouf, élève en classe de terminale, en profite pour réviser ses leçons. ''Je veux profiter de cette journée sans cours pour apprendre mes leçons'', lâche-t-il.
Contrairement à certains de leurs camarades, les écoliers de l'école Manguiers II de Fass (quartier de Dakar), eux, ont fait cours.

Jean Pierre LT SAMBOU

mardi 31 janvier 2012

SENEGAL-ZAMBIE (1-2)

A Ouagou Niayes, le rêve s’est brisé

Pour son entrée en matière dans la Can 2012, le Sénégal s’est incliné 1-2 devant la Zambie. Les poulains d’Amara Traoré ont été dominés sur tous les plans selon bon nombre de supporters Sénégalais basés à Ouagou Niayes (quartier dakarois). Les habitants de cette localité ont eu du mal à se mettre sur pied ce dimanche.

Le petit matin de ce dimanche 22 janvier n’est pas comme tous les autres ici à Ouagou Niayes. Il est 11h30, des jeunes garçons trouvés au terrain «Ngélaw», le sujet de discussion c’est bien évidemment, cette défaite des Lions de la Téranga. Sous le soleil, certes pour profiter des rayons solaires et se bronzer, ces derniers crient n’importent comment. Personne ne veut laisser son ami développer ses arguments. «Franchement, notre équipe était méconnaissable hier (samedi). Les joueurs ne pouvaient même pas faire deux bonnes passes», lâche Ibou Ndao, vêtu d’une tenue de sport. Ces jeunes, on dirait, qu’ils ont vécu ce match avec beaucoup d’amertume.
Plus d’espoir et Amara est pointé du doigt …
A côté du terrain, est assise une dame, vendeuse de cacahuettes et de fruits. Elle s’appelle Maïmouna Bâ, mais les enfants la surnomment «Mère thiaf». Très découragée, elle soutient d’une voix très faible que «les Gaïndés ont montré hier, leurs limites. Je ne crois plus à Niang et compagnie. Ce que je leur souhaite, c’est qu’ils fassent tout pour ne pas terminer derniers de leur poule». Certains indexent le sélectionneur Amara Traoré. «Tout ça, c’est la faute à Amara. Comment peut-il convoquer des milieux de terrain sans aucun milieu offensif, ce n’est pas normal. Le système de jeu qu’il impose est nul. L’équipe ne comprend que des attaquants de pointe, que des buteurs. Et qui fera les passes?», se désole Hyacinthe Diaz, casquette à la tête et cigarette à la main. La sélection nationale sénégalaise est dans des difficultés. Et il urge de réagir.
Certains croient toujours …
Des vieux, assis à coté d’une mosquée, chapelet à la main dialoguent tranquillement. Un des leurs qui a bien voulu nous répondre garde espoir et promet de continuer à prier pour les Lions. «C’est vrai que suis un peu déçu de la prestation des joueurs, mais je crois et j’en suis sûr qu’ils gagneront leur prochain match. Je ne cesse de prier pour eux et je vais continuer mes prières pour qu’ils aillent le plus loin possible dans cette compétition», soutient le vieux El Hadj Mamadou Ndiaye.
Cette déroute de la bande à Kader Mangane fait mal au 12è Gaïndé. Avec cette défaite d’entrée, les Lions sont tenus de battre la Guinée Equatoriale, ce mercredi s’ils ne veulent pas s’arrêter dès le premier tour. Une chose qui s’avère très difficile si l’on sait bien que le Nzalang naçional évolue à domicile.