vendredi 14 septembre 2012

Babacar Touré prend le témoin de la présidence du CNRA


La cérémonie de passation de service entre Babacar Touré, nouveau président du Conseil national de régulation de l'audiovisuel (CNRA), et la présidente sortante, Nancy Ndiaye Ngom, s’est tenue hier, dans les locaux de ladite structure. Un moment saisi par Babacar Touré pour décliner les axes majeurs de ce qui devrait être son magistère…

Babacar Touré a reçu le témoin pour diriger le CNRA. Et cela, pour un mandat de six ans révocable et renouvelable. Le nouveau président qui s’installe a la lourde tâche de « poursuivre un travail » déjà entamé par son prédécesseur. « Vous m’avez convaincu par votre parcours et le groupe qui sera mis en place fera comme vous l’aviez bien fait. Vous avez réalisé beaucoup de choses importantes. D’ailleurs, j’étais heureux lorsque j’ai lu votre rapport de 2011 », a lancé M. Touré aux membres du conseil de régulation sortant. Le tout nouveau responsable de la structure régulant l’audiovisuel a aussi tenu à remercier Nancy Ndiaye Ngom et compagnie.
Pour sa part, Mme Nancy a saisi cette occasion pour dire merci au président de la République et surtout ceux avec qui elle a travaillé ensemble « sans relâche » depuis 2006. Selon la présidente sortante, ce mandat, elle l’a géré en étroite collaboration avec les journalistes dans le respect des règles. « Nous avons eu à surmonter énormément d’obstacles avec succès. Nous avons veillé en ce qui nous concerne, deux élections présidentielles et législatives, une élection sénatoriale et une autre des collectivités locales », s’est-elle réjouie. « Je ne dirais pas que j’ai accompli mon devoir car ce n’est qu’au seuil de sa dernière demeure qu’on l’accompli », a laissé entendre Mme Ngom.
Le président du groupe de presse Sud Communication est bien conscient de la lourde tâche qui l’attend. Car selon lui, les attentes sont nombreuses. Toujours dans son discours, M. Touré a estimé que « la régulation dépend de chacun et de tous. La régulation dans les médias relève de l’éthique et de la déontologie ». Pour lui, chacun est son propre régulateur et que si chacun le devient en soi et pour soi, il n’y aura plus rien à signaler. « Nous ne sommes pas là pour être un gendarme de l’audiovisuel. Nous devons par la médiation aboutir à l’application des lois même s’il y a dès fois des fautes commises par ignorance », dixit-il.
Travailler à élever le niveau de conscience, de culture, de connaissance et dans le cadre de l’intérêt général, c’est ce que veut sans doute veut la nouvelle équipe chargée de veiller sur la bonne production du secteur audiovisuel. Ce qui intéresse Babacar Touré, c’est la régulation de la société car les médias n’existent que pour les sociétés et la régulation c’est le développement du secteur.
M. Touré qui devient ainsi le premier journaliste à occuper cette fonction jusqu'ici réservée à des juristes de formation promet de traiter tous avec équité et justice. La recherche de la vérité dans les faits va être son crédo. « Nous devons être ouvert à toutes les recommandations et opinions même exprimées de manière violente ou contradictoire », a-t-il assuré.
A l’endroit des futurs conseillers du nouveau responsable du centre de régulation, Mme Nancy Ndiaye Ngom précise qu’ils ont la chance de travailler à côté d’un grand homme. « Il a le sens de l’éthique », confirme t-elle. Comme qui souhaitait à son successeur une bonne chance, elle dira « que les prières accompagnent Babacar et son équipe vers un meilleur succès ».

jeudi 13 septembre 2012

PEOPLE : Pape et Cheikh dans un «Esprit live»


Le groupe Pape et Cheikh a lancé officiellement hier, à Just 4 U son nouvel album, «Esprit live». Composé de neuf titres, cet album c’est aussi un mélange de sonorités africaines et occidentales, ce qui marque leur ferme volonté de s’ouvrir sur le marché mondial. Auparavant, une soirée de lancement avait été organisée samedi 08 septembre à Just 4 U et elle a été une grande réussite selon le staff du groupe. «A travers ce produit, nous continuons de prier pour le retour de la paix en Casamance en particulier, dans la sous-région et dans le monde en général», dit Cheikh, l’un des artistes compositeurs. D’ailleurs, l’un des titres s’intitule «Casamance».
Pape et Cheikh ont aussi rendu hommage à la femme. La solidarité, l’espoir, l’abnégation, le pardon et l’espoir sont aussi abordés. «Ce sont des thèmes qui collent à notre société en profondes mutations. Nous avons aussi chanté l’amour qui est au début et à la fin de toute relation », expliquent Pape et Cheikh.
Avant la cérémonie de lancement de leur produit, ce groupe musical a salué l’élan de solidarité nationale à l’endroit des sinistrés. Esprit live est leur cinquième album après Yakaar (2001), Yaye (2003), Mariama (2003) et Yeurmandé (2010).

mardi 11 septembre 2012

HANDBALL : les Duchesses perdent leurs marques


Jadis, on ne pouvait parler de handball chez les dames sans évoquer le Duc. De nos jours, cette renommée tend à disparaitre. Créée en 1970, la formation féminine de handball de l’université Cheikh Anta Diop a perdu certaines de ses caractéristiques.

Son meilleur exploit de la saison, c’est la finale du championnat régional perdue en faveur de Saltigué de Rufisque. Les Duchesses ont été battues sur le score de 25 à 22. Néanmoins, elles peuvent se vanter d’avoir terminé deuxième au niveau régional d’autant plus que depuis quelques années, cette équipe n’a rien gagné. Selon son entraîneur, Papa Ibnou Mohamed Sarr, son dernier trophée remonte de 2008 avec la coupe du tournoi des femmes. En championnat national, le Dakar université club (Duc) a terminé troisième de sa poule dans un groupe de six équipes. D’ailleurs, la compétition s’est jouée en aller simple. Ce qui fait que chacune a disputé trois matchs à domicile et trois autres à l’extérieur. Soit trois victoires contre trois défaites pour Duc, qui présente ainsi pour cette année un bilan assez satisfaisant.
Saison 2011-2012 : un parcours approuvable…
Pas mal, pour une équipe qui survit grâce à son encadrement et surtout aux anciens du club. Pour le coach, « ce n’est pas mal vu tous les ennuis rencontrés au cours de la saison ». Quant au président de la section handball du club, il avance qu’il ne peut parler de bilan car beaucoup de choses ont manqué cette année. Pour Charles Diaw, « le parcours est mitigé. Toutes les compétitions ne se sont pas jouées et le championnat n’a pas été à son niveau. Beaucoup de programmation et de déprogrammation des matches ».
Les compétitions ont démarré tardivement. « Voilà le parcours de l’équipe en championnat national », s’est désolé le coach. D’ailleurs, les filles ont démarré la saison par une défaite (18 à 20) devant le promu, Kaffrine handball. C’est selon Ibnou Sarr, ce qui les a beaucoup handicapé. A en croire Mariétou Guèye dite Soda Dianko, elles n’étaient que huit joueuses à Kaffrine. Ce qui fait qu’elles ont joué avec une seule remplaçante. « Certes, le parcours a été difficile et non fructueux mais il est acceptable bien vrai qu’on n’a pas été à la hauteur. Mais dans l’ensemble, ça c’est bien passé », a fait savoir Mariétou Guèye, capitaine de la formation.
… et plein de problèmes.
Les difficultés financières, matérielles ou infrastructurelles sont très récurrentes dans cette formation du Duc. Cette année, hormis les problèmes d’argent, l’état du terrain laisse à désirer. « Nous avions noté beaucoup plus d’accidents musculaires à l’entrainement que lors de nos matches de compétition », a reconnu l’entraineur. Les dirigeants ont déjà fait part à la direction du centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) de la vétusté de leur terrain d’entrainement. Une demande à laquelle, le Coud a promis de traiter. « Parfois aussi, nous avons des problèmes pour loger nos joueuses surtout les étudiantes. Il n’est vraiment pas facile de trouver un lieu pour les caser », dit M. Diaw.  Vers la fin de l’année aussi avec les examens, les étudiantes sont confrontées à un problème de temps, ce qui peut les empêcher de sécher les entraînements. Les joueuses ne sont pas salariées. « Nous nous efforçons à leur trouver un emploi pour faciliter leur conversion demain », dixit le président de la section de handball du Duc avant de poursuivre « parfois, on les donne des primes de match ».
« Né pour gagner »
Cette équipe de handball a été mise en place depuis décembre 1970. Cazenave Traoré, aujourd’hui chef de la scolarité à l’école supérieure des travaux publics (ESTP) fait partie de ceux qui ont installé cette formation. Il était avec Kader Ndiaye, René Necker pour ne citer que ceux là. « Nous avions fait appel à des anciennes de l’As de cœur de Dakar comme Marie Angélique Sagna, Katy Ndong, Dieynaba Dia, Ayébobo Barry  pour être les premières joueuses de l’équipe », s’est rappelé M. Traoré. Il faut aussi noter à cette époque, la présence d’autres filles venues de Thiès étudiant club ou encore du Casa-Sports. Pour leur première apparition, les Duchesses ont perdu (4-3) contre la Jeanne d’Arc (JA)  la finale du tournoi régional. L’année suivante, 1971-1972, elles ont terminé à la troisième place derrière la JA et le Jaraaf.
Dès 1973, Duc s’offre la coupe du tournoi « Ramuntcho » (nom d’une ancienne maison de vente d’articles sportifs) et le tournoi régional. C’est ainsi, qu’il se qualifie pour jouer le championnat national et doit faire face à La Linguère, Us Rail et Dial Diop, qui étaient de très bonnes équipes. « Nous avions d’abord gagné 13 à 1 La Linguère chez elle à Saint-Louis, puis nous avons sorti l’Us rail (7-4) à Thiès et ensuite Dial Diop (9-7) », a précisé le coach d’alors, Cazenave Traoré. Duc remporte ainsi son premier titre national. Il a même réalisé le triplé en conservant le trophée national jusqu’en 1975. Pour M. Traoré, « ce qui explique cette performance c’est qu’à l’époque il y avait les filles des lycées Blaise Diagne et Maurice Delafosse qui venaient adhérer au club. Même celles qui habitaient les zones environnantes comme Fann Hock, Gueule Tapée, les zones A et B et Point E étaient là aussi ».
« Un lendemain meilleur pour nos joueuses »
Aujourd’hui, le recrutement n’est plus chose aisée. Selon les textes, pour acheter une joueuse en activité, le club intéressé doit verser au club d’origine de l’athlète, 100 000f Cfa. La fédération, la ligue de handball et la joueuse concernée chacun 50 000. Ce qui revient à débourser 250 000f Cfa. Le Duc participe aussi à gérer le lendemain de leurs joueuses.  « On les aide souvent à trouver du travail afin que leur conversion soit facile », précise le président de la section handball du Duc. « Moi, c’est mon intégration au Duc qui m’a permis d’obtenir un gagne-pain », a vraiment la capitaine.
Le seul objectif de cette formation c’est de former une équipe capable de jouer les premiers au Sénégal et même en Afrique. Le temps passe et les choses s’avèrent aussi dures à réaliser car M. Diaw est président depuis deux ans qui dit-il a hérité d’une équipe qui n’était pas à point.
Jean Pierre L. T. Sambou

lundi 3 septembre 2012

Birane Diaw, délégué de quartier de Kao Dagana



Au nom du père …

Connu pour son ouverture à son peuple, Birane Diaw est né et a grandi dans le premier quartier de Dagana, Kao Dagana, dont il est le délégué. Homme de parole, il a toujours incarné la justice dans sa vie. Il est de teint un peu noir.

Il aurait pu être douanier mais le destin a décidé autrement. L’actuel délégué de Kao Dagana rêvait de devenir un douanier. Mais il a été empêché pas son père. « Soit tu y vas et ne reviens plus, soit tu laisses tomber la douane et tu  restes à mes côtés », lui avait dit son père lorsqu’il avait reçu sa convocation pour rejoindre les rangs de la douane. Etant un homme qui écoute toujours les conseils de son père, il s’est soumet. Ainsi, c’est un grand rêve qui s’envole. Cette soumission a fait de lui, un jeune homme intègre qui écoute ses parents.
« Tout ce que je voulais, c’était de servir un jour à la douane. Raison pour laquelle, j’ai tout fait pour être libéré de l’armée et aller passer le concours d’entrée à l’école des douanes, chose que j’ai réussie », se rappelle t-il. « Quand on veut une chose il faut aller jusqu’à bout ». Cette assertion, Birane l’a bien compris. Lors de sa jeunesse, il a aussi servi dans l’armée, juste deux années. C’est un homme plein de conviction et qui cherche toujours à  atteindre ses objectifs.
Depuis 2005, il est le délégué de quartier de Kao Dagana. Il a succédé son père, Guédé Diaw, décédé en mars 2003. Agé aujourd’hui de 67 ans, Birane est « un chef de quartier exemplaire » selon ses pairs. Connu pour son sens de l’écoute, il est un homme ouvert à ses habitants. Il n’hésite jamais de venir prêter main forte aux nécessiteux. Barbe, moustaches et cils déjà blancs, il est comme un patriarche dans son milieu. C’est quelqu’un de très simple dans sa vie. « Il est vraiment un père spirituel pour tous les jeunes du quartier. Il sait distinguer le bien du mal », reconnait un jeune du quartier.
Dans sa fonction de chef de quartier, Birane travaille en étroite collaboration avec la gendarmerie de la ville, Dagana, surtout pour régler certains litiges des gens de son quartier. Parfois aussi, c’est le tribunal qui fait appel à lui pou régler à l’amiable une affaire opposant deux résidents. « Quiconque dans le quartier a un problème, il intervient vite pour essayer de régler ce malentendu afin qu’il n’atterrisse pas à la justice », soutient Ndiaga Ndiaye. M. Diaw est connu comme quelqu’un de sérieux dans tout ce qu’il fait. Avec ses cheveux blancs comme tous ceux de son âge, il porte toujours un bonnet. Birane, c’est aussi un vieil homme respectueux et respecté par ses semblables. Il est simple et correct dans tout ce qu’il fait. Père de huit enfants, quatre garçons et quatre filles, il est monogame.
Bien assis dans son lit et un peu dominé par l’âge, il se vantait tout en se rappelant de ses moments forts de sa vie. C’est aussi quelqu’un qui n’aime pas la facilité. Il est un homme courageux. D’ailleurs son gabarit se fait toujours voir malgré son âge. Birane gagnait sa vie comme presque tous les hommes de cette zone du Walo dans la compagnie sucrière sénégalaise (CSS) jusqu’au jour de sa retraite. De taille moyenne, des biceps assez musclés, il est un homme fort. Le courage reste l’un des éléments caractéristiques que sa population lui reconnait. Et selon beaucoup d’entre eux, « M. Diaw a beaucoup appris de son papa ».


lundi 27 août 2012

Pain cuit au feu de bois : un produit local bien apprécié


À Bokhol, on fabrique à grands pompes le pain traditionnel. C’est un produit alimentaire bien aimé des populations. Il est consommé là-bas beaucoup plus que le pain moderne des boulangeries modernes.


Des boulangers au travail

Des sacs de riz vides servent de rideaux de fenêtres. Des tôles de zinc sur lesquels sont posés de gros bâtons et de grosses pierres font office de toit. Des tubes en fer fixés au dessus des parties inférieures de la boulangerie traditionnelle laissent échapper de la fumée issue du four. Cette boulangerie construite, il y a un an, peine toujours à être parachevée, faute de moyens. « Je sais bien qu’il reste des travaux à faire » affirme Omar Diallo devant les inquiétudes d’une cliente sur l’état de son atelier.
A l’intérieur du bâtiment de briques en banco, deux boulangers l’air négligé s’activent à pétrir la farine sur une table en bois. La musique que débite un transistor accompagne chacun de leurs gestes sous une chaleur torride. Avec l’hivernage qui s’installe, Omar Diallo chef de l’atelier est bien conscient des dangers qui guettent ses locaux, avec les pluies qui s’annoncent. « On travaille tous les jours à partir d’une heure du matin pour descendre à 15 heures. C’est seulement les lundis qu’on travaille de 23 heures à 15 heures », soutient-il  en modelant la pate de farine.
Four traditionnelle de pain

Ce travail n’est pas du tout facile surtout en cette période de fortes chaleurs. Il nécessite une grande concentration et demande beaucoup de temps. « On commence d’abord par former des boules avec la pâte de farine », explique le patron. Et ce n’est qu’après ceci, qu’ils transforment ces boules en baguettes. Ensuite, une poudre en farine est mise dessus. Selon eux, c’est une manière de protéger leurs produits contre la poussière ou encore les mouches présentes sur les lieux. « Avec ce système, nous produisons des aliments propres », rassure l’un d’eux.
Pour obtenir ces boules ou baguettes, ces deux hommes utilisent d’une vingtaine de litres pour 25 kilos de farine. Une petite quantité de levure et de sel sont prévues lors du mélange. Le temps de la cuisson varie d’une dizaine de minutes. Le bois qu’utilisent ces boulangers est acheté à 4000 à 6000f Cfa le chargement de charrette. Selon le patron, ils peuvent utiliser trois voire quatre sacs de bois les lundis. Après avoir formé beaucoup de baguettes, l’heure est à la cuisson. « Mais avant de les mettre au feu, il faut s’assurer que le bois a bien brûlé », explique les frères Bâ.  Ce qui signifie que le bois doit complètement brûler jusqu’à devenir charbon. Là, ils peuvent insérer leurs boules de pâte de farine qu’ils couvrent avec un tissu blanc. A en croire ces derniers, ce textile empêche le pain de noircir. Ainsi, Omar et Amadou placent leurs produits sur des planches placés à l’intérieur du four.
Le pain cuit dans la boulangerie traditionnelle est très apprécié par la majorité des  Bokholois. Bocar Lam, boutiquier depuis quatre ans dans ce village confirme que « ses clients achètent beaucoup plus ce pain que celui moderne ». Il est beaucoup plus économique mais aussi moins cher. Son prix revient à 100f la miche alors que le pain moderne coûte 175 f. « Je préfère payer du ‘’mbourou bane’’ parce que c’est moins coûteux », avance sous le couvert de l’anonymat un père de famille venu sen procurer.
Même s’il est bien aimé des populations, la fabrication de ce pain cause aussi beaucoup d’ennuis à ses fabricants. Ils sont obligés d’en préparer une quantité approximative. Sinon s’il en reste, ils ne pourront plus le vendre à bon prix et il impossible de le garder plus de 24 heures surtout en cette période où il fait chaud. Amadou et son grand frère estiment le sac de farine trop cher. « Nous prions au nouveau gouvernement de revoir le prix du farine. 22 000f Cfa, le sac c’est très coûteux pour nous parce que pratiquement on ne gagne pas beaucoup comme bénéfice », lâchent-ils. L’autre souci de ces boulangers traditionnels c’est aussi la cherté du bois. Pour l’heure, les Bokholois se servent bien de leur pain préféré tous les matins pour les besoins du petit déjeuner.

L'agriculture à Temey-soubalbé : peu d'argent pour le gazoil

Les habitants de Temey-Soubalbé cultivent divers produits sur des hectares douze mois sur douze. Une façon pour eux de s’assurer de leur alimentation quotidienne après les récoltes. Mais c’est la cherté du gazoil qui handicape leur travail.

« Qu’ils diminuent le prix du gazoil », martèle Bilal Fall, un agriculteur. Les paysans de ladite zone veulent que le gouvernement les assiste dans leur fonction. Ils estiment qu’ils n’ont pas assez d’argent pour se payer du gazoil nécessaire à l’utilisation des motopompes pour l’arrosage. « Nous lançons un appel aux autorités étatiques pour qu’ils pensent à nous. Le prix d’un litre de gaz-oil est trop cher.», disent-ils. Ils achètent les quatre litres nécessaire à l’arrosage d’un champ pour une durée d’une semaine à 4000F Cfa. Pour s’en procurer, c’est aussi une autre difficulté. Ils vont jusqu’à Richard-Toll. Les motopompes qu’ils utilisent, sont déjà trop vieilles. Ces agriculteurs, pères de famille n’ont que cette activité pour survivre à leurs besoins.
La pastèque, l’arachide, l’oignon, l’aubergine ou l’oseille, sont plus cultivés à Temey-soubalbé. Les litiges fonciers connus dans cette zone ont un peu troublé le développement des activités agricoles. Aujourd’hui, tout semble être à l’ordre, car « chacun garde maintenant sa petite hectare », confie Diop Keudjé, agriculteur. Ils ont oublié tout ça. Les travaux champêtres se poursuivent même si ils n’avaient pas totalement cessé. Actuellement, c’est la pastèque qui domine les cultures. Les populations de Temey-Soubalbé labourent toutes les deux périodes de la saison. En hivernage comme en saison sèche. Et chaque époque, sa culture.
Les affaires agricoles fonctionnent bien ici. Malgré cette situation on constate aussi quelques couacs dans sa pratique. « Les éleveurs sont nos premiers ennemis. Ces derniers ont l’habitude de laisser leur troupeau venir saccager nos cultures », dénonce Bilal Fall. Ces éleveurs pointés du doigt estiment que parfois, il leur très difficile de veiller sur tout le troupeau. Pour eux, les agriculteurs doivent les comprendre. Une idée non partagée par les cultivateurs de Temey-Soubalbé. « C’est leur sale habitude », peste M. Fall. Il faut préciser que des animaux comme les phacochères, les singes, ne sont pas en reste. Ils sont fréquents dans ces champs. Ils les dévastent de la manière la plus extraordinaire. « C’est vers 19 heures que débarquent ces animaux », apprend t-on. Même s’ils sont souvent confrontés aux ennuis et dégâts que leur causent ces éleveurs ou encore les animaux, ces agriculteurs produisent une quantité suffisante de leur produits. Une récolte assez satisfaisante qui leur sert de nourriture. Une autre est vendue. Ces paysans vont même jusqu’à Dakar pour vendre leurs produits. Il arrive aussi que des clients se déplacent jusqu’aux plantations pour se payer ce dont ils ont besoin. Parmi eux, la plupart sont ceux qui achètent en gros pour aller revendre.
Ce ne sont pas seulement les hommes qui gagnent leur vie dans ce domaine. Il y a aussi beaucoup de femmes qui s’y attèlent. Ce secteur est sans doute l’activité qui permet à ces cultivateurs de nourrir leur famille. Selon un des leurs, l’agriculture de l’oignon lui permet non seulement de payer les frais scolaires de ses enfants mais aussi de les donner à menger. Bonnet rouge bien vissé, il avance que « la culture est incontournable ici à Tèmey ».

vendredi 17 août 2012

MARCHÉ HEBDO DE BOKHOL : « GOWÉ » ET PATATE DOUCE MARQUENT LEUR PÉRIODE


La vente de la patate douce et de l’encens marchent très forte à Bokhol, village situé à 11 kilomètres de Dagana. Cette zone se nourrit presque que de ses produits agricoles.

Lorsque la production de l’oignon ou de la tomate diminue, celle de la patate et même de l’encens jouent les premiers rôles. La patate fait partie de ces produits agricoles qui envahissent le marché hebdomadaire de Bokhol. Sa culture se fait en période hivernale comme en saison sèche.
Ce lundi, au marché hebdo de Bokhol, marchands et clients venus de partout envahissent les lieux. Sous un soleil assez brillant, les commerçants s’affairent aux derniers réglages de l’étalage de leurs produits. Quant à la clientèle, certains ont déjà commencé à s’acheter ce dont ils ont besoin. D’autres rodent encore autour des expositions des marchandises. Certes, pour trouver le meilleur produit qui leur convient.
A cet instant même, Ismaïla Gnigue, range ses sacs de patates déjà payés. Cet homme, la cinquantaine atteinte, est un habitué du marché. « C’est ici que je paie toujours mes marchandises », avance t-il. Selon ce « bana-bana », qui vient de Thiès, c’est là où on peut trouver divers produits agricoles à prix intéressant. Ismaïla paye des multitudes de sacs de patates qu’il achemine vers Thiès grâce à un camion. Cette locomotive est toujours à sa disposition, raison pour laquelle il s’approvisionne toujours en grande quantité. « J’achète toujours une trentaine voire une quarantaine de sacs de patate. Le sac coûte 7500f CFA et nous, nous le revendons après entre 10 000 et 11 000f. En fait, ce prix dépend de la période », précise t-il. Le gros problème que rencontrent ces « bana-bana », est la longue distance. La plupart d’entre eux viennent de Dakar et Thiès. Hormis ce cas, une énorme quantité de patate pourrit en cours de route surtout en cette période où il fait très chaud. Avec les camions, ces commerçants mettent beaucoup de temps pour arriver à destination. Ceux qui utilisent les transports en commun, c’est ceux qui payent juste une dizaine de sacs de patates.
Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que la culture de la patate douce dans le Walo est pour la plupart une activité réservée aux femmes. Elles n’hésitent pas à se rendre au marché pour évacuer leurs produits. Seynabou Fall, productrice, depuis près de six ans explique comment se passe le commerce de leurs denrées. « Si toutefois après la récolte, la patate n’est pas encore épuisée on est obligé de l’amener au marché avant qu’elle ne pourrisse », soutient la dame. Cet exercice agricole est pour ces femmes le seul moyen de gagner un peu d’argent. « C’est grâce à cette activité que nous gagnons notre vie. D’ailleurs, nous cultivons ici tous les douze mois », dixit Seynabou. En saison hivernale, sont naturellement les eaux de pluie qui arrosent leurs champs de patate. Et lors de la saison sèche, c’est le système d’irrigation qui facilite les activités.
Même si avec cette culture leur gap alimentaire et financier est moyennement réglé, ces productrices se désolent des dures conditions de travail. « La production de la patate douce est trop dure. Elle demande beaucoup de temps. Parfois, nous n’avons même pas le temps d’entretenir notre foyer », explique une d’elles trouvée devant son amas de patate. La bassine coûte 3500f. Et rare sont les hommes qui se font remarquer dans ce dynamisme.
L’encens est aussi exploité à Bokhol. Il est tiré d’une plante qui pousse dans les zones marécageuses. « Gowé », comme on l’appelle en Wolof, attire pas mal de clients, les femmes en général.  Parmi eux, on note ceux qui achètent pour ensuite revendre et ceux qui se payent juste une quantité moyenne pour s’en servir à la maison. Ce produit est beaucoup développé dans cette zone. Son prix de vente revient à 500f le pot (1kg). Les clients viennent aussi des mêmes horizons, Dakar, Thiès, Richard-Toll entre autres.
Le commerce de cette matière n’est pas de nos jours aussi florissant selon beaucoup de producteurs. Pour Khalidou Bâ, « aujourd’hui vu la cherté de la vie, les gens sont plus préoccupés par se trouver d’abord de la nourriture ». Les agents des Eaux et forêts sont ces Hommes que n’aimeraient pas rencontrer en cours de route ces grands commerçants. « Nous rencontrons d’énormes difficultés lors de nos voyages. Les agents des Eaux et forêts nous interpellent à chacun de leur check-point pour nous réclamer des taxes, soit 15f le kilo », se désole Mamadou Bâ.
Aujourd’hui, ces commerçants qui s’activent dans la vente de l’encens unis comme un seul homme lancent un cri de cœur au gouvernement. « L’Etat doit penser à nous. Il faut que les gens sachent que l’encens est un produit de notre culture, c’est une richesse à préserver. Nous souhaitons que le gouvernement nous soutiennent en ouvrant pourquoi pas une usine de transformation de ce produit », martèle t-il Mamadou Bâ. Cette usine que rêvent ces producteurs peut créer des emplois aux jeunes si jamais elle voit le jour.